Quand le diable frappe à nos portes…

 

Alors j’étais rendu où ? Ah oui ! les « putain de gros maringouins »… donc j’étais pas encore parti que j’étais déjà en mode paranoïa… Mon père, étant un homme méticuleux à en frôler l’excès, me prépara un plan d’action qui m’expliquait …tout ! Je vous jure, une précision pas possible ! Je vous donne une petite idée du trajet pris pour me rendre la bas : Départ de Dorval (qu’on appelle maintenant l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau… pas de quoi être fier !). Transfert d’avion à Boston en direction de Bruxelle­s. De Bruxelles jusqu’à Paris en tgv. Passe une semaine à Paris, retour à Bruxelles en train de nuit, départ pour le Rwanda par Sabena Airlines. Retour du Rwanda, escale au Kenya. Du Kenya, vol vers Bruxelles, transfert à Bruxelles. De Bruxelles, vol vers New York, et finalement, de New York à Montréal… et tout ça sans aucun retard, sans aucune valise perdue… Pour un ptit gars de 16 ans qui avait jamais pris l’avion, ça prenait tout un plan sans faille pour réussir ce tour de force ! Merci popa !

Alors pour ce qui est de la France, j’y ai visité tout ce qu’il était possible de visiter en une semaine, donc la tour Eiffel, le Louvre, la basilique St-Denis, l’Arc de Triomphe, le cimetière du Père-Lachaise, Versailles et quelques autres endroits  dont j’ai oublié les noms. En fait, ça aurait été beaucoup mieux si j’avais fini mon voyage en France… j’en aurais sûrement gardé un meilleur souvenir. Moi, quand je les entends dire que les voyages forment la jeunesse, c’est drôle, mais je suis plus ou moins d’accord. Dans mon cas, mon voyage a un peu détruit ma jeunesse. Mettons que j’étais plus ou moins prêt à affronter cette réalité qui était tout sauf la mienne. T’as beau savoir qu’il y a eu un génocide, mais jamais au grand jamais un jeune de 17 ans ne peut s’attendre à ça… En fait, personne n’est jamais prêt pour ça…Après avoir goûté au luxe de l’Europe (Paris pour être plus précis) j’étais fin prêt à aller détruire ma belle vision de la vie à Kigali… la ville aux mille et une collines… et aux 900 000 morts…. Oui oui, j’étais au courant. Sauf que être au courant et être prêt à affronter sont 2 choses complètement différentes.

De l’avion, ma première vue de Kigali fut un gros nuage de fumée, comme si il y avait des feux de forêt partout, mais c’était en fait les habitants qui faisaient brûler leurs déchets un peu partout. Alors à ma descente de l’avion, je peux vous dire que je me sentais pas gros dans mes ptites shorts… En entrant dans ce qu’on ose appeler « l’aéroport », je mis les pieds dans un trou d’obus. Alors je fis un tour de tête vite fait pour avoir une petite idée de l’ampleur de la gaffe que j’avais commise, c’est-à-dire mettre les pieds au Rwanda. Toutes les fenêtres étaient trouées de balles et je fus accueilli par un militaire qui devait avoir au maximum 14 ans avec un ak-47 en mains… À suivre…

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