Marqué au fer… dans ma tête !

 

Alors me voici au Rwanda, content d’enfin pouvoir toucher la terre de mes racines (jeu de mots, mots de jeu). Je fus accueilli par ma famille (que je n’avais, soit dit en passant, jamais vue…). En arrivant chez ma tante, je vis un gros tam-tam comme on en voit dans les films ! Alors, comme tout « black » ayant le beat dans le sang, je me mis à en jouer jusqu’à ce que je voie les yeux de ma tante changer. Elle m’expliqua donc que lors du génocide, les Hutus se servaient des tam-tams pour s’envoyer des messages… C’est là que je compris dans quoi je venais de m’embarquer. J’allais maintenant vivre les semaines les plus dures de toute ma vie.

Au matin, je me levai avec une envie incontrôlable de me taper 2 bons œufs avec du bacon… « Youhou, mon coco, t’es à Kigali, là !! » Alors, je dus m’habituer à manger des céréales importées des U.S.A. (à 10 $US la putain de boîte… pour arrêter la guerre, sont pas là, mais pour fourrer le monde, là y sont là, les Américains !!) avec du lait Carnation et du bon pain sec… Comme en prison !! Sauf que là, personne a rien fait de mal pour être obligé de mangé ça… sont juste pas nés à la bonne place ! Juste pour vous donner une petite idée, la seule fois où j’ai vu du vrai lait, il était jaune, plein de grumeaux, chaud parce qu’il venait d’être bouilli pour fins d’homogénhéisation (fuck les fautes…), mais encore là, c’est pas si pire… Quand j’ai vu la vache qui l’avait donné… ouf ! Je vous jure, ça a du lui prendre un an avant de donner tout ce lait ! Elle devait peser à peine 120 lbs ! Une vache ! Ma décision était prise, je ne boirais pas de lait ce mois-ci !

Alors, en cette première journée de visite en terre inconnue, j’eus droit à mon premier traumatisme… Avec un copain à ma tante, on flânait à l’extérieur du bureau, alors je vis une femme d’une soixantaine d’années se faire lutter par une moto. Taba… qu’elle a revolé, la pauvre, je vous jure… c’était pas beau. Ce qui est drôle (en fait, non, c’est pas drôle), tout le monde s’en foutait. Comme si rien ne s’était passé! Il y a juste le mec de la moto qui s’est arrêté, et on voyait que ça faisait pas partie de son horaire du temps. Mais il finit quand même par faire une place à la dame sur sa moto pour l’emmener à l’hôpital (bien sûr, personne ne s’offrait pour y aller). Ici, une chose comme celle-là arrive, on bloque la rue, le monde se bat presque pour aider… Alors je vous laisse sur cette histoire, qui sera la plus douce, car la vraie merde s’en vient, promis…

1 réflexion au sujet de « Marqué au fer… dans ma tête ! »

  1. tu trouves pas qu’apres avoir vecu ce genre « d’experience », tout d’un coup ta vie a un autre sens et que tu es chanceux ?
    Tu reviens de loin mon gars…

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