Le côté blanc de la pègre, la vraie !

Je devais avoir 7 ou 8 ans. Je me rappelle plus ou moins le pourquoi de cette célébration au village, mais il y avait quand même beaucoup de monde ! Je devais planter un arbre juste à côté d’une grosse pierre ornée d’une plaque de métal où on pouvait lire : En mémoire de blablabla…J’avais été choisi pour lire un beau petit texte… Sûrement parce que j’étais le seul petit noir du village (il y avait mon frère, mais j’imagine qu’il avait déjà dû refuser, alors moi, connard, j’ai dit oui..) et dieu sait que c’est « politically » très gagnant de montrer la superbe ouverture d’esprit de la municipalité en utilisant le petit noir de service. (Toute bonne télésérie a son petit immigrant de service, tout le monde sait ça !!) 

Mais je dois avouer que ce petit bain de foule, suivi d’applaudissements, m’avait quand même bien amusé. Alors question de donner de la crédibilité à toute cette belle mascarade, je me vis confier le mandat de m’occuper du jeune arbre que nous venions de planter avec tant de fierté, devant notre belle église. Tout l’été, je devais l’arroser deux fois par semaine. Dans nos cours de catéchisme, au primaire, on nous apprenait que Dieu et ses serviteurs étaient toujours là pour nous aider. Pas fou le jeune, je m’étais dit que Marc, le curé de la paroisse, allait sûrement m’aider à transporter la foutue chaudière (que je devais remplir sur le côté du presbytère et qui devait peser une bonne trentaine de livres une fois pleine), qui passait son temps à se déverser dans mes petits souliers et qui était finalement à moitié vide une fois rendue à bon port !  Alors, dans ma naïveté la plus belle, je croyais encore fortement à tout ce qui m’avait été conté durant mes premières années de cours de catéchisme : l’eau changée en vin, la résurrection, et tous ces autres trucs qu’on ne voit habituellement que dans les films ! Mais ce qui m’avait le plus marqué, c’étais le côté charitable de l’Église. Je voyais le prêtre comme un  être parfait. J’y voyais la générosité, la bonté et un amour inconditionnel…Oui, complètement lobotomisé, exactement le but recherché, non ? 

Donc, comme je disais, j’avais eu la  F.B.I. (Fausse Bonne Idée) d’aller demander l’aide du curé que je voyais comme un second père (bon, je pousse un peu, mais ca donne plus d’impact à mon histoire !!)  Alors un samedi matin, après avoir été taper quelques balles de tennis sur le mur de la petite école, je partis avec ma chaudière voir Marc (le curé) et je lui demandai s’il pouvait venir m’aider. Il accepta mais en me disant clairement qu’il n’avait pas de temps à perdre avec ca et que la prochaine fois, je devrais m’arranger avec mes affaires…Wow, la belle claque dans la face ! Et c’était de voir ses yeux quand il me l’a dit ! Parce qu’à part boire du vin de messe et fantasmer sur des paires de fesses (j’espère qu’il ne regardait pas les miennes !!!), faut dire que c’est très occupé, un curé ! Surtout dans une municipalité de 1000 habitants ! Pas comme s’il y avait un mariage par semaine ! Alors tout ca pour vous dire que c’est à 8 ans que j’ai perdu la foi… alors quand est arrivé le moment de choisir entre un cours de morale et celui de catéchisme, pas besoin de vous dire lequel j’ai choisi !

 

Alors la question que je me pose : si un jeune garçon de 8 ans est capable de s’apercevoir que toutes ces histoires ne sont que de la frime, comment des peuples entiers peuvent-ils encore se battre au nom de Dieu ? Juste avec les richesses qui se trouvent au Vatican, on pourrait nourrir une grande partie du tiers monde …mais non, vaut mieux avoir une papemobile plaquée or que de faire manger des enfants qui crèvent de faim. Plein le cul d’entendre les discours papaux qui nous implorent d’arrêter la guerre et de partager avec son prochain. Quand t’as un serviteur qui te torche le cul (oui, je sais, j’exagère !), je vois difficilement comment tu peux être proche des vrais problèmes du peuple. Et cette foutue manie qu’ont le monde de tout remettre entre les mains de Dieu… Encore un problème de déresponsabilisation ! Je n’ai pas la prétention de dire qu’il n’y a rien de plus puissant… mais si puissance il y a, elle ne se trouvera surement pas dans les églises ou les mosquées. Toute une belle histoire que l’on nous conte pour nous endormir depuis tant d’années… Sommes-nous faibles au point de croire que toutes les bonnes choses qui nous arrivent soient l’œuvre d’un autre ? Avant de croire en tout ce qu’on peut vous raconter, commencez donc par croire en vous-mêmes, mes frères…                                                     Amen

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